Il y a des destins pas comme les autres. C’est le cas de ce Lyonnais né en 1886 qui aura défendu toute sa vie un certain idéal. Par les armes certes, mais aussi par la plume. Plus de 80 ans après sa mort, Marc Bloch continue d’écrire l’Histoire. Et en 2026, plus que jamais.
Marc Bloch, un héros lyonnais
Après l’annonce d’un biopic sur Jean Moulin (le non-Lyonnais le plus lyonnais de l’Histoire), la capitale des Gaules sera à nouveau sous les feux des projecteurs en juin prochain à l’occasion de la panthéonisation de Marc Bloch.
Si l’on devait résumer le parcours de Marc Bloch, on pourrait dire qu’il se situe aux antipodes de la routine et de l’ennui. Passionné comme son père d’histoire, il deviendra professeur en récoltant toutes les plus grandes distinctions (agrégé, membre de la chaire d’histoire, maître de conférence à la Sorbonne, etc.) et travaillera dans toute la France, aussi bien à Amiens, Montpellier qu’à Strasbourg. Ses ouvrages et son travail ont marqué sa discipline, faisant de lui l’un des plus grands historiens de son temps.
Lorsque la Première Guerre mondiale éclate, il combat sur le front comme simple sergent, puis sera doublement décoré de la Légion d’honneur et de la Croix de guerre à la fin du conflit. Son dévouement restera intact et quand la Seconde Guerre mondiale éclate, il rejoindra secrètement les rangs de la Résistance. Marc Bloch fut arrêté le 8 mars 1944 sur le pont de la Boucle (pont Churchill) à Lyon par la Gestapo et sera incarcéré à la prison de Montluc. Malgré les nombreuses séances de torture, le résistant ne trahira jamais ses compagnons et donnera même secrètement des cours d’histoire aux autres prisonniers. Son destin bascula le 16 juin 1944, lorsqu’il fut fusillé avec 27 autres résistants…
Le Panthéon, « Aux grands hommes, la patrie reconnaissante »
La panthéonisation est la plus haute distinction qui soit. Seulement 82 personnalités reposent dans ce haut lieu de la mémoire française. Victor Hugo, Joséphine Baker, Jean Moulin, Jean-Jacques Rousseau ou encore Marie Curie… « Aux grands hommes (et femmes), la patrie reconnaissante », peut-on lire sur le fronton du bâtiment.
Robert Badinter fut le dernier à entrer au Panthéon pour son travail sur l’abolition de la peine de mort. Précédemment, ce fut Missak Manouchian, autre grand résistant qui fit également son entrée pour rejoindre les grands noms de notre Histoire. La cérémonie qui marquera l’entrée en juin prochain de Marc Bloch doit nous rappeler de ne jamais oublier…

