On pourrait se croire dans un film de James Bond avec cette immense bâtisse qui épouse les bords du lac du Bourget, le plus grand lac naturel de France. Ce lieu n’a pourtant rien d’une fiction sortie d’un studio de cinéma : il existe bel et bien à deux heures de Lyon. L’abbaye d’Hautecombe est l’un des sites incontournables de la région Auvergne-Rhône-Alpes.
L’abbaye royale d’Hautecombe, nécropole de la Maison de Savoie

L’abbaye d’Hautecombe ne déroge pas à la règle de ces bâtiments séculaires qui, en traversant le temps comme l’église Saint-Nizier de Lyon ou le cloître Saint-Philibert de Tournus, changent avec l’Histoire et ses soubresauts. Construite au XIIe siècle pour être à l’époque occupée par les cisterciens, l’abbaye d’Hautecombe devient une place forte de la religion au Moyen Âge, au point que de nombreux papes y séjournèrent, dont certains sont même issus des lieux, comme Célestin IV et Nicolas III. Mais l’histoire est loin d’être un long fleuve tranquille. L’abbaye connaît plusieurs rebondissements et passe d’un ordre à un autre pour tomber dans un déclin amorcé dès le XVe siècle. La Révolution française viendra porter le coup fatal : les lieux furent entièrement pillés et en grande partie détruits.

Il faudra attendre le XIXe siècle pour que le duché de Savoie, via le roi de Piémont-Sardaigne, Charles-Félix, fit restaurer les lieux pour en faire une nécropole en hommage à ses ancêtres. Les moines cisterciens revinrent en 1826 pour laisser ensuite la place à la communauté bénédictine qui s’y installa en 1922. Depuis 1992, c’est la communauté du Chemin Neuf qui veille au maintien des lieux et à son accueil. Aujourd’hui, il est possible de visiter l’église abbatiale ainsi que les jardins, la tour Marie-Christine, la terrasse du roi et les salons des appartements royaux.
Le site d’Hautecombe, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO

On apprend que bien avant la construction de l’abbaye, le site d’Hautecombe fut occupé durant la Préhistoire sous la forme d’une cité lacustre aujourd’hui disparue. Mais cet endroit, tout comme 110 autres dans toutes les Alpes, fut classé en 2011 par l’UNESCO comme sites palafittiques préhistoriques. Palafi quoi ? Palafittiques, à savoir des constructions sur pilotis au-dessus de l’eau. Celles que l’UNESCO a répertoriées datent entre -5000 et 500 avant J.-C.
Car si aujourd’hui le site propose une construction relativement récente du XIXe siècle (avec certains vestiges du XIIe), ces lieux furent tour à tour habités et, dès le Ier siècle de notre ère, un temple gallo-romain fut bâti ici-même. Si d’aventure vous êtes tentés, n’oubliez pas de vous rendre au belvédère du mont du Chat pour admirer le lac du Bourget à plus de 1 500 mètres d’altitude !