Continuons notre fameuse tournée des Grands Ducs. Celle des édifices qui méritent un gros coup de projecteur du simple fait qu’ils existent, pour la plupart, depuis plus de 1 000 ans. Après vous avoir récemment parlé du cloître roman de Salles-Arbuissonnas, du monastère de Brou à Bourg-en-Bresse et de l’abbaye d’Ambronay, cap au nord direction Tournus !
Tournus, ville d’art et d’histoire

La charmante cité de Tournus puise son histoire sur les rives de la Saône. Elle est, par ramification, intimement liée à la ville de Lyon. Son architecture, avec ses façades colorées et toits plats, rappelle bizarrement plus la Drôme provençale que l’arrière-pays bourguignon. Des maisons anciennes datant du XVIIe siècle avec de vieux hôtels particuliers, la place de l’Hôtel de ville et ses nombreux restaurants complètent le tableau. Son emplacement au carrefour entre la Bourgogne, le Jura et le Beaujolais en fait une place stratégique pour la gastronomie et le vin.
Son centre historique vous permettra de déambuler dans les petites ruelles pavées pour prendre le café sur la place du marché, ou vous rendre à l’Hôtel-Dieu et son apothicairerie, ou bien encore à son musée du vélo, unique en France. Tout comme Semur-en-Auxois ou Cluny, de tailles identiques, elle jouit d’une histoire plurimillénaire. Bref, une cité qui a du vécu.
L’abbaye Saint-Philibert de Tournus, un joyau de notre patrimoine

Tout comme l’église Saint-Nizier à Lyon, l’abbaye de Tournus fut inscrite dès 1840 sur la toute première liste des monuments historiques. Ça plante le décor. Elle est considérée comme l’un des plus anciens centres monastiques de France puisque, dès la fin du IXe siècle (en 875), les moines de Noirmoutier y trouvent refuge, chassés par les incursions normandes. Elle devint petit à petit un monastère bénédictin. La construction en tant que telle remonte au tout début du XIe siècle (1008) et s’achève un siècle plus tard, en 1120. Son église romane, l’une des plus hautes et remarquables de France, accuse une hauteur sous clef de voûte de 18 m. Sous son chœur, la crypte s’élève sur le tombeau de saint Valérien, martyrisé par les Romains en 178.
Depuis 1 000 ans, l’abbaye survit donc au gré de notre riche Histoire. Incendiée, reconstruite, saccagée, agrandie puis pillée et rénovée, la vie de l’abbaye n’a rien d’un long fleuve tranquille. Mais cet enchevêtrement d’événements n’enlève en rien à la richesse architecturale des lieux, qui en fait aujourd’hui l’un des plus prestigieux sanctuaires de l’art roman de l’Hexagone.