Nous sommes des milliers à passer devant tous les jours. Et pourtant, peu d’entre nous connaissent cette particularité architecturale bien typique. Tout comme l’horloge astronomique de la cathédrale Saint-Jean ou l’escalier coquillage, les trésors de notre patrimoine local se cachent et, d’une certaine manière, se méritent. Alors, la prochaine fois que vous déambulerez dans le quartier des Cordeliers, entre la place des Terreaux et celle des Jacobins, levez les yeux sur le parvis de l’église Saint-Nizier pour y admirer son magnifique portail sculpté !
L’église Saint-Nizier et sa constellation de sculptures

Une centaine d’anges et autant de fleurs. Voici ce qui vous attend à l’entrée de l’église Saint-Nizier. Cette originalité sculpturale en fait une curiosité tout à fait plaisante à contempler. Vous pourrez y admirer en effet 200 sculptures représentant tout une fraterie d’angelots et une ribambelle de fleurs en boutons. Attention toutefois à ne pas vous faire un torticolis en essayant de compter une par une les sculptures. On vous recommande d’espacer vos visites pour faire durer le plaisir et éviter le port d’une minerve. Juste avant l’été ce serait dommage…
L’église Saint-Nizier est une particularité architecturale en tant que telle. Elle possède deux flèches asymétriques dont l’une date du XVe siècle et l’autre du XIXe siècle. Bâtie principalement dans un style gothique dit flamboyant, l’église a traversé les âges et, tout comme l’abbaye d’Ambronay, porte les marques de plusieurs époques. Sans parler de patchwork architectural, elle reste une sorte de mosaïque géante, témoin du temps qui passe. Le début de la construction remonte au XIVe siècle… elle en a vu du Lyonnais !
Les monuments historiques, une histoire qui remonte à la Révolution française

Même si l’on évoque 1840 comme date fondatrice du label, son histoire remonte en fait à la Révolution française. Avant 1789, la majorité des monuments appartenaient à la couronne de France ou au clergé. Il faut donc insérer après la Révolution, une notion de bien national qui était totalement nouvelle à l’époque. Dès 1790, on parle pour la première fois de « monument historique » à l’occasion de la démolition de la Bastille mais aussi d’un vandalisme grandissant du peuple français alors « libre » de s’approprier ces trésors nationaux. Que faire ? Il faut créer une entité pour préserver notre patrimoine. Un organe du ministère de l’Intérieur voit alors le jour en 1830.
En 1840, une première liste de monuments historiques est publiée dont figure l’église Saint-Nizier et sera étoffée au fil des années. Aujourd’hui, ce ne sont pas moins de 50 000 édifices qui sont protégés au titre des monuments historiques, ainsi qu’environ 300 000 objets mobiliers, preuve de notre patrimoine incroyable qu’il faut réussir à préserver.