Droit ou en colimaçon, fait en granit ou en contreplaqué, avec ou sans tapis rouge… l’inventaire semble illimité. Dans cette grande famille des escaliers, un escalier lyonnais semble tirer son épingle du jeu. En effet, ce magnifique ouvrage qui remonte au XVIe siècle prouve l’incroyable savoir-faire des tailleurs de pierre et autres artisans de l’époque. Rembobinons l’histoire tout en montant les marches de “l’escalier coquillage” dans le 5e arrondissement de Lyon.
L’escalier coquillage du Vieux-Lyon, classé monument historique
Décidément, Lyon a une histoire d’amour avec les animaux marins. Après vous avoir parlé du labyrinthe souterrain des « arêtes de poisson », arrêtons-nous maintenant sur cet escalier en coquillage. Sa construction défie les lois de la physique et, aujourd’hui encore, on se questionne sur le pourquoi du comment. Sans ordinateur et encore moins d’intelligence artificielle, nos ancêtres ont réalisé l’impensable : construire un escalier sans noyau central et donc soumis à des règles de calcul encore aujourd’hui audacieuses. La pierre, symbole de la pesanteur et de l’immobilité, vient pourtant ici se mouvoir en quelque chose de vivant…
Un patrimoine architectural unique pour une riche histoire lyonnaise

Cette maison, dont les façades mais aussi la cour sont remarquables, est le témoin d’un riche passé de notre ville. Bénéficiant de l’édit royal de Louis XI en 1463, qui porte à quatre le nombre de foires annuelles, Lyon devient un carrefour commercial incontournable attirant les plus grands marchands d’Europe. La ville exporte la soie et vit son apogée durant le XVIe siècle, où toutes les grandes choses se passaient à Lyon. Énième témoin du riche patrimoine de la ville, cette maison florentine en reste un exemple et une leçon de cette époque faste.
Ce qui frappe dans l’exemple de cet ouvrage, c’est qu’il ne s’agit pas d’un escalier comme au château de Chambord ou de Maulnes, connus aussi pour leur valeur exceptionnelle, mais de celui d’une simple maison, toujours habitée aujourd’hui.
« 174 monuments historiques présents dans la zone de classement, dont les trois quarts, proportion remarquable, sont des immeubles civils témoins de la qualité architecturale de l’habitat. » C’est signé Raymond Barre, alors maire de Lyon, dans le préambule du dossier pour la candidature à l’UNESCO…
L’escalier se trouve dans une copropriété privée (10 rue de Lainerie, Lyon 5). Si vous avez la chance de pouvoir y entrer, nous vous invitons à faire preuve de la plus grande discrétion et à respecter scrupuleusement la tranquillité des habitants.