Nous sommes des milliers chaque jour à battre le pavé de la rue de la République sans nous apercevoir que l’un d’eux semble vouloir nous dire quelque chose. Sa couleur n’est pas gris souris, mais bien rouge sang. Car c’est bien d’un meurtre qu’il s’agit, et pas n’importe lequel…
L’assassinat de Sadi Carnot, président de la République française

En 1894, Lyon bouillonne. L’industrie de la soie s’essouffle, mais représente encore une immense partie de l’activité, alors que le secteur automobile dans le bassin industriel lyonnais a le vent en poupe. Dans ce basculement, notons que le Cinématographe des frères Lumière en est à ses balbutiements. Bref, Lyon est à un tournant de son histoire. Dans cette effervescence, un événement tragique va venir bouleverser l’ordre établi…

À l’occasion de l’Exposition universelle organisée en 1894 à Lyon, Sadi Carnot, alors président de la République, se rend en visite officielle dans la capitale des Gaules. Nous sommes le 23 juin et, à la suite d’un banquet organisé au palais de la Bourse, le convoi présidentiel se dirige sur la rue de la République pour se rendre au Grand Théâtre de la ville. Le chef de l’État salue depuis sa voiture une foule venue l’applaudir dans une ambiance de liesse. La fête bat son plein alors que, dans un mouvement de foule, un anarchiste de 20 ans, Sante Geronimo Caserio, arrive à monter sur le marchepied du véhicule pour poignarder violemment Sadi Carnot.
Une histoire passée à la postérité…

Vite transporté pour tenter de le sauver, le malheureux subit une intervention sans anesthésie endurant le martyre… Les médecins ne peuvent que constater l’agonie : le foie est doublement perforé et son état se dégrade rapidement. Il succombera à ses blessures dans la nuit. L’assassinat de Sadi Carnot soulève une vague d’émotion populaire partout en France. Rappelons ici que ce fut la première fois qu’un chef d’État français fut assassiné de la sorte depuis le roi Henri IV, tué en 1610.
Outre la pierre à Lyon qui symbolise l’endroit exact où fut assassiné le président, aujourd’hui des centaines de places, écoles et avenues portent son nom. La dépouille de Sadi Carnot fut ramenée à Paris pour des obsèques nationales à Notre-Dame, et fut inhumée au Panthéon. Sadi Carnot est le seul président de la République française à y reposer…