À quelques kilomètres au nord-ouest de Roanne, cette petite cité de caractère vient se nicher sur un promontoire où les vignes, autant que les vieilles pierres, font partie du décor. Comme pour le cloître roman de Salles-Arbuissonnas ou celui de Tournus dans le Mâconnais, il semble que nos aïeux avaient déjà pigé l’adage : après l’effort (de construire son logis), le réconfort (de boire un bon vin). La grand-messe des monuments à découvrir autour de Lyon continue et, cette fois-ci, cap sur Ambierle !
Ambierle, la perle du Roannais
La charmante cité d’Ambierle propose un décor de carte postale. Une cité médiévale entourée de vignes dans un paysage vallonné ? Dans notre inconscient collectif, difficile de faire plus français. Même si la visite du prieuré représente la plus grande attraction d’Ambierle, ce serait injuste de s’en contenter. Le village a son propre musée consacré à la vie à la campagne d’autrefois, mais aussi ses rendez-vous comme son marché tous les week-ends ou son propre festival de bande dessinée, Bulles de caractère, en septembre.
Pour les sportifs, Ambierle est au carrefour entre la Via Sancti Martini et les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle. Il existe aussi une randonnée d’une dizaine de kilomètres (Les Servajeans) au départ du village qui permet de cheminer dans les vignes environnantes. Il vous est donc possible, comme à Innimond, de profiter des lieux et de vous dégourdir les jambes dans la même journée.
L’abbaye d’Ambierle, fer de lance de l’ordre clunisien

Le prieuré fut intégré à l’ordre de Cluny en 938 et, au fil des siècles, plusieurs fois transformé. On apprend par exemple qu’il fut entièrement fortifié au XIVe siècle pour se protéger lors de la guerre de Cent Ans, et qu’une partie du couvent fut entièrement reconstruite juste avant la Révolution.

Tout comme l’église Saint-Nizier de Lyon ou l’abbaye Saint-Philibert de Tournus, l’église fut inscrite dans la première liste des monuments historiques dès 1840, c’est dire la valeur universelle des lieux. Avec des proportions élancées de mini-cathédrale, une hauteur sous voûte de près de 16 mètres et des vitraux exceptionnels, les lieux sont définitivement uniques. Sa toiture en tuiles vernissées, typique de la région bourguignonne, fait indirectement penser aux hospices de Beaune, et son splendide retable du XVe siècle à la magnifique abbaye de Baume-les-Messieurs dans le Jura. Même avant l’âge de l’hyperconnectivité, tout semblait déjà être relié !
Tournus, Salles-Arbuissonnas, Baume-les-Messieurs… ces endroits aux racines millénaires font partie des sites clunisiens. Rappelons que pendant plusieurs siècles, Cluny fut l’abbaye la plus importante d’Occident avec un réseau de milliers et de milliers de sites en Europe, du Portugal à l’Italie en passant par l’Espagne ou encore l’Angleterre. On apprend qu’en tout, le prieuré d’Ambierle fut sous la dépendance de l’abbaye de Cluny durant plus de 850 ans…