Il existe des hommes et des femmes qui, touchés par on ne sait quelle grâce, bouleversent toute une part de notre humanité. Celle qui a déposé sur les épaules de ce Lyonnais, la lourde tâche de fonder la première école vétérinaire du monde dans la Capitale des Gaules en tient une bonne… Car si son nom est bien moins cité que ceux de Newton, Pasteur ou Einstein dans les livres d’histoire, son influence sur la science et la médecine fut tout aussi déterminante.
Claude Bourgelat, l’homme aux 30 millions d’amis
Depuis la domestication des chevaux, vers 3000 av. J.-C. en Asie mineure, l’homme a toujours entretenu un lien étroit avec les animaux et leur santé. Mésopotamiens, Égyptiens, Grecs, Romains… toutes les civilisations ont développé, au fil du temps, des connaissances en médecine animale.
Mais il faut attendre le XVIIIe siècle pour qu’un certain Claude Bourgelat, alors écuyer du roi Louis XV, fasse bouger les lignes de manière décisive. Ses recherches, centrées sur les chevaux, eurent un retentissement considérable en France puis dans le monde, en plein siècle des Lumières et à l’heure de l’Encyclopédie.
De fil en aiguille, Bourgelat se hisse dans les plus hautes sphères de la société et se voit confier une mission inédite : fonder une école consacrée à la médecine animale. Il s’agit de la première école vétérinaire au monde. L’ouverture de cet établissement eut un tel impact international que Bourgelat est aujourd’hui considéré comme le père fondateur de l’art vétérinaire. Et, au même titre que les médecins prêtent le serment d’Hippocrate, les vétérinaires, eux, prêtent… le serment de Bourgelat.
Une fierté lyonnaise méconnue
Faites le test autour de vous : “Claude Bourgelat tu dis ? – Inconnu au bataillon”. Pourtant, l’héritage de ses travaux est immense. Si l’école vétérinaire de Lyon existe toujours, si son visage figure sur la Fresque des Lyonnais et si une rue porte son nom, la reconnaissance n’est sans doute pas à la hauteur.
Alors, la prochaine fois que vous croiserez de la bonté dans les yeux d’un chien ou du contentement dans le ronronnement d’un chat, souvenez-vous qu’on le doit en grande partie à un Lyonnais. Chapeau !

