Lui qui aimait tant cuisiner le poulet à la crème, voilà l’affaire pliée, trop facile ! Il s’est fait tatouer un coq en hommage à la cuisine le jour de son sacre au Guide Michelin… Eh bien, détrompez-vous. L’histoire du tatouage de Paul Bocuse s’est déroulée bien loin des fourneaux. On le connaissait évidemment coiffé de sa toque de cuisinier mais ce que l’on sait moins, c’est que Monsieur Paul l’a troqué pendant la guerre contre un casque de soldat. Et son tatouage est intimement lié à cet épisode beaucoup moins connu de sa vie.
Un coq tatoué pour un miraculé de la Seconde Guerre mondiale

Nous sommes en 1944. Après plusieurs années d’occupation, l’armée allemande est acculée. Le front de l’Est pour envahir la Russie atténue considérablement sa présence en France ; l’arrivée imminente des Alliés en Normandie et un réseau de Résistance de mieux en mieux organisé notamment à Lyon accablent l’occupant… C’est dans ce contexte qu’un jeune homme de Collonges-au-Mont-d’Or d’à peine 18 ans se dit qu’il faut agir ! Il s’engage volontairement dans l’Armée française de la Libération du général de Gaulle.
Il sera grièvement blessé non loin du cœur lors d’une opération en Haute-Saône et sera récupéré en catastrophe par les G.I. américains pour être soigné miraculeusement. Pour saluer son courage, les Américains lui tatouent ce coq lors de sa convalescence, emblème de la Gaule et symbole de hardiesse dont il a fait preuve. « La France tatouée par des Américains. C’est ça aussi l’Histoire », confessera Paul Bocuse dans Mémoires de chefs en 2012. Une belle manière de résumer cette histoire à peine croyable.
La marque de fabrique du mythe Bocuse

Tout comme Karl Lagerfeld avait ses lunettes noires ou Serge Gainsbourg sa Gitane, Paul Bocuse avait son tatouage. Loin de le cacher, Monsieur Paul le considérait même comme un confident, un ami. À la Libération, le jeune cuisinier revient en apprentissage chez la Mère Brazier pour commencer la carrière qu’on lui connaît. Paul Bocuse aura donc passé le plus clair de son temps à cuisiner sous l’œil attentif d’un ange gardien pas comme les autres… Cocorico !