Jules César y posa le pied en 58 avant notre ère. Pas en mode touriste, les sandales aux pieds et la petite sacoche sous le bras mais bien le glaive en main à la conquête de la Gaule. Mais comment peut-on être aussi sanguinaire dans un lieu si paisible ? Car Chanaz a vraiment tous les atouts de la tranquillité. Petite cité de caractère qui a su conserver son charme d’antan, elle conjugue parfaitement patrimoine local et richesse culturelle. Quoi qu’il en soit, Jules César ou non, la “Petite Venise de Savoie” n’est pas prête de couler !
Chanaz, la petite cité savoyarde aux richesses multiples
Le canal qui relie le lac du Bourget au Rhône est une voie navigable depuis la nuit des temps. C’est pourquoi cette zone a toujours été un point stratégique de la région, jusqu’à constituer une étape clé de la voie romaine. Ces fondements géographiques et historiques ont permis à la commune de prospérer durant plusieurs siècles. Plusieurs maisons datant des XVIe et XVIIe siècles, ainsi que le musée gallo-romain, témoignent de ce riche passé.
Qui dit passé riche dit forcément artisanat, et sur ce point un site est incontournable : son moulin ! Il broie depuis 1868 noix et noisettes selon les procédés d’autrefois, grâce à une meule en pierre actionnée par les eaux du canal. La brasserie de Chanaz, quant à elle, incarne le renouveau de l’artisanat en proposant depuis une dizaine d’années toute une gamme de bières savoureuses.
Enfin, comme dans toutes les cités de caractère de notre région telles que Yvoire, Oingt ou encore Saint-Symphorien-sur-Coise –, Chanaz est propice à la déambulation et à la flânerie, que ce soit pour s’arrêter sur la terrasse d’un café ou se promener au bord du canal. Plus proche et moins bondée qu’Annecy ou Aix-les-Bains, la petite cité se révèle parfaitement adaptée pour une escapade d’une journée depuis Lyon.
Mais comment prononcer correctement Chanaz ?

Chanaz fait partie de ces nombreuses communes de Savoie et de Haute-Savoie où le doute subsiste quant à la prononciation. Doit-on prononcer le “z” final ou reste-t-il muet ? À l’instar de Combloux, Avoriaz, Les Carroz, La Clusaz ou Chamonix, on ne prononce pas la dernière lettre.La raison ? Le savoyard tire son origine du francoprovençal, langue qui s’est francisée au fil du temps. Par exemple, le patois “Chamouni” est devenu en français “Chamonix”.
Mais, on le sait bien, en français aucune règle ne souffre d’exception. Ainsi, certains villages comme Servoz, dans la vallée de Chamonix, ou le Semnoz, près d’Annecy, conservent leur dernière lettre à l’oral. Reste à savoir si Jules César, lors de son arrivée en grande pompe à Chanaz, eut l’élégance de respecter la règle du “z” muet !
