Il s’agit d’ailleurs du premier bâtiment que l’UNESCO mentionne dans son rapport — avant l’église d’Ainay ou encore celle de Saint-Nizier pour parler du patrimoine exceptionnel de Lyon. Son nom, tout comme sa fonction principale au fil des siècles, font de cet édifice une curiosité à tous points de vue et quasiment unique en France.
La Manécanterie de Lyon, une maison aux 1 001 histoires

Son nom est déjà une singularité en soi. Manécanterie ? Voici un nom qui titille notre ouïe : qu’est-ce donc encore que cette chose-là ? On apprend que le mot vient du latin mansio cantorium, qui signifie « la maison des chanteurs » ! Car au XIVe siècle, le bâtiment est une école de chant destinée aux clercs et enfants de chœur, une sorte de Star Academy de la première heure !
Même s’il est encore aujourd’hui difficile de déterminer précisément ses origines, les experts s’accordent à dire que les fondations remontent au IIe et au VIIIe siècle, alors qu’il fut reconstruit dans ses proportions actuelles au XIe siècle. Il était à l’origine le réfectoire des chanoines pour devenir ensuite une manécanterie à partir de 1394, et ce, jusqu’au XIXe siècle…
L’endroit fut choisi pour recevoir en grande pompe Henri II et Catherine de Médicis en 1548 pour la représentation d’une pièce de théâtre. Pour l’occasion, les petits plats sont mis dans les grands, les lieux sont décorés dans un faste inimaginable. Mais 14 ans plus tard, léger changement de décor… Les guerres de Religion mirent à sac le bâtiment en 1562. Le bâtiment renaîtra de ses cendres, mais bis repetita en 1789, où la Révolution française fut le théâtre d’un nouvel épisode de pillage.
Aujourd’hui écrin du trésor de la cathédrale de Lyon

Depuis, le bâtiment a connu de nombreuses transformations, ce qui en fait aujourd’hui un formidable témoin du temps, avec des influences gothiques, romanes et byzantines ! Depuis 1930, la Manécanterie abrite un incroyable trésor.
En effet, une précieuse collection d’art religieux y est exposée avec de belles orfèvreries, des tapisseries et autres vêtements brodés d’or… En entrant dans les lieux, on ne peut que penser à toutes ces voix qui résonnèrent cinq siècles durant entre ses pierres, qui furent aux premières loges du spectacle…