Alors que la Coupe du monde de football bat son plein avec un très attendu Paraguay – France ce weekend, Lyon se prépare à une toute autre compétition. Plus locale certes, mais pas moins enthousiasmante, avec là aussi du beau monde en piste. Imaginez : 300 kilos de pralines, 250 kilos de crème et 150 autres kilos de pâte sucrée… un choix d’équipe plus qu’offensif !
Thomas Dura s’attaque au record de la plus grande tarte à la praline lors du festival Poussineau

On vous présente le Mbappé de la confiserie. Car du haut de ses 24 ans, le prodige local a tout pour réussir. Thomas Dura, le jeune champion n’en est pas à gallop d’essai. En 2025, il remporte le championnat du monde de la tarte à la praline avec une tarte reprenant le vitrail de la cathédrale Saint-Jean. Un vrai travail d’orfèvre qu‘il souhaite reproduire en format XXL ce week-end. Samedi à 13h30, le public pourra assister au montage des différentes parties qui auront nécessité plus de 90 heures de travail. À 15h30, un huissier viendra enregistrer le record, puis la tarte sera divisée en 2 500 parts pour être vendue au public.
C’est dans le cadre du festival Poussineau que vous pourrez donc déguster une part de cette tarte à la praline un peu spéciale. Les curieux pourront en effet déambuler sur la place de la Croix-Rousse, leur tarte à la main, au rythme des concerts et autres animations proposées. Quoi qu’il en soit, les Lyonnais pourront chanter le fameux « Ramenez la coupe à la maison » dès samedi pour honorer cette prouesse historique !
Mais d’ailleurs, la praline est-elle vraiment une spécialité lyonnaise ?

Fervents défenseurs du patrimoine gastronomique lyonnais, passez votre chemin et ne lisez pas les lignes qui suivent… Car si la légende de la praline lyonnaise est bien ancrée dans les esprits, il faut rendre à César ce qui appartient à César.
Rembobinons… Au début du XVIIe siècle, un certain Clément Jaluzot, maître d’hôtel du comte César de Plessis-Praslin, invente une petite confiserie faite d’amandes enrobées de sucre caramélisé. En 1630, il ouvre à Montargis sa boutique « La Maison de la prasline » du nom de son ancien maître. Avec le temps, la prasline perd son « s », se rosifie et voyage dans toute la France. Au XIXe siècle, un couple d’aubergistes savoyards démocratise le « gâteau de Saint-Genix », cette brioche surmontée de pralines qui sera même présentée à l’Exposition universelle de Paris en 1867.
Lyon ne tardera pas à se relever les manches pour produire ses confiseries et desserts à la praline, dont la célèbre praluline en 1955 par Auguste Pralus et, 15 ans plus tard, la tarte à la praline par le chef étoilé Alain Chapel. Le succès est au rendez-vous et, au même titre que la cervelle de canut ou le tablier de sapeur, la tarte aux pralines est sur toutes les cartes des bouchons lyonnais. Depuis ce temps-là, on s’accorde à dire, plus par gourmandise que par précision historique, que la tarte à la praline est d’ici…