Que l’on soit croyant ou non, on ne peut pas rester insensible au destin de cette chapelle. L’Histoire draine son lot d’anecdotes et de croyances populaires, dont celle de la Chapelle Notre-Dame de Brouilly fait partie mais aussi de celle de la cascade du Saut de Lorette (située également à côté de Lyon). On a du mal à imaginer qu’un lieu sacré fasse la part belle au culte du vin… et pourtant ! En plein cœur du Beaujolais, on ne pouvait pas mieux tomber pour servir cette cause juste et noble. On vous explique en détail.
Le Beaujolais en 1850 : « les raisins de la colère »

Tout part en effet d’une série noire pour la région et ses vignobles. En 1850, le Beaujolais en particulier est victime de l’oïdium, un champignon qui fera cette année-là de vrais ravages dans les récoltes. La campagne est alors durement touchée et bon nombre de vignerons ne s’en remettront jamais… À l’époque, pas de subventions nationales, et encore moins d’Union Européenne (À cette époquel’Europe est un vrai baril de poudre). Les paysans implorent donc une intervention divine…
On le sait, la nécessité est la mère de l’invention. Il est alors décidé d’ériger, sur l’un des points culminants de la région, une chapelle destinée à protéger tout ce beau monde pour les récoltes futures. Ce ne sera que sept ans plus tard, le 8 septembre 1857, jour de la Nativité de la Vierge Marie chez les Romains, que la chapelle Notre-Dame de Brouilly (aka Notre-Dame-des-Raisins) est inaugurée.
Une chapelle vraiment pas comme les autres…

Depuis cette date, tous les 8 septembre, les vignerons des environs se rendent en pèlerinage dans cette église qui coincide générallement avec le début des vendanges. Pour la visite, ne vous attendez pas à la cathédrale de Reims, mais cette chapelle, de par son histoire particulière, a un cachet fou. Plafond rouge carmin, vignes décoratives ciselées sous la nef, un autel avec les inscriptions « À Marie contre l’oïdium » et « À Marie, protectrice du Beaujolais » : cette église dénote. Sa mission n’en reste pas moins inchangée : que de tout là-haut, on veille aussi aux nectars des dieux…
La chapelle est ouverte chaque week-end entre Pâques et la Toussaint, et tous les jours en juillet et août jusqu’au début des vendanges. Vous l’aurez compris, une escapade à consommer celle-ci, sans modération…