On lui doit des monuments emblématiques tels que la Cité Radieuse à Marseille ou la Villa Savoye à Poissy. Comme Paul Bocuse pour la gastronomie, Le Corbusier a révolutionné son art et a inventé un nouveau langage architectural en rupture avec le passé. Aujourd’hui son œuvre est apprise dans toutes les écoles d’archi et son nom figure au panthéon des architectes avec Eiffel, Soufflot ou encore Vauban.
Ici à deux pas de Lyon, les curieux se pressent des quatre coins de la planète pour tenter de comprendre un peu plus le génie du Corbusier. Un peu comme le viaduc de Garabit, le couvent de la Tourette fait partie de ces bâtiments magiques qui n’ont aucun autre semblable.
Le Couvent de la Tourette, « l’oeuvre brut des dieux »

C’est dans les années 1950 que ce bloc de béton, une sorte de pyramide inversée a vu le jour sous le coup de crayon du Corbusier. Il était, comme son nom l’indique (et comme son aspect le contre indique), un lieu de culte. Aujourd’hui encore, des frères issus de l’ordre Dominicans y continuent leur retraite spirituelle. On y trouve en effet une église, un cloître, une salle de chapitre, mais aussi une bibliothèque, un réfectoire, des cuisines et une centaine de chambres, le tout à grand coût de béton armé. Vu comme ça, on est loin de la splendeur d’un lieu comme Cluny ou Vézelay.
Car de prime abord, on a l’impression d’un fragment de béton catapulté en pleine campagne comme un vulgaire bunker. Un dock sur la mer du nord ferait même peut être plus d’effet. Et bien c’est là que toute la magie des lieux opère ! Car on ne peut que vous inviter à franchir les portes…
La grande messe de l’architecture se vit avant tout du dedans !

Si son aspect extérieur peut laisser à désirer (nous étions les premiers à douter du potentiel), le magnétisme des lieux se produit dès lors que vous y entrez. On passe d’un aspect brut à une véritable orfèvrerie architecturale. C’est un labyrinthe qui mêle à la perfection les jeux d’espace et de lumière. Dans un enchevêtrement de pièces et de couloirs, la lumière jongle d’un mur à l’autre. On a vraiment l’impression qu’elle fait entièrement partie du décor. L’église et le réfectoire sont sans aucun doute les pièces à ne pas louper.

Ce n’est pas pour rien que le Couvent de la Tourette ainsi que 16 autres œuvres du Corbusier sont inscrites, comme le site histoirque de Lyon, au Patrimoine mondial de l’UNESCO. N’oublions pas que toute cette œuvre sort d’un seul et même cerveau exécutée sur une feuille de papier, un crayon à la main. Terminons ce billet en citant le principal intéressé “Ce couvent de rude béton est une œuvre d’amour. Il ne se parle pas. C’est de l’intérieur qu’il se vit. C’est à l’intérieur que se passe l’essentiel…” À bon entendeur !