Si la gastronomie symbolise le Lyon qui a faim, la Fête des Lumières symbolise le Lyon qui rayonne. Dans les deux cas, le rapprochement avec le roi des animaux est bien là : le lion dévore autant qu’il éblouit. La Fête des Lumières ou la gastronomie, c’est simplement écrire Lyon avec une autre orthographe. La Fête des Lumières, on l’a tous vécue et on a tout lu à son sujet. Ici, aucune prétention de vouloir réécrire l’histoire avec ces quelques lignes, mais juste l’envie de revenir sur l’une de nos plus grandes fiertés locales.
1852… et la lumière fut !

Tout commence donc au milieu du XIXe siècle, en pleine révolution industrielle, en 1852. Pour vous donner une idée, à cette époque, Victor Hugo n’avait pas encore écrit Les Misérables, Van Gogh n’était même pas né, nous étions seulement 4 ans après la dernière révolte des Canuts… mais la Brasserie Georges avait déjà ouvert ses portes !
Cette année-là, une statue de la Vierge doit être inaugurée à Fourvière le 8 septembre, mais une crue exceptionnelle de la Saône vient jouer les trouble-fêtes. Les digues de Grand Camp et de la Tête-d’Or cèdent, rue de la Charité des maisons s’écroulent et l’eau envahit même une partie de la place Bellecour…
On repousse les festivités au 8 décembre, histoire de laisser à la rivière le temps de calmer ses ardeurs. Mais début décembre, c’est le ciel, cette fois-ci, qui vient enquiquiner la cérémonie. Les autorités sont à deux doigts d’annuler quand, soudain, une éclaircie laisse place à un ciel étoilé : un phénomène suffisamment inouï pour être signalé ! En signe de gratitude (au XIXe siècle, les croyances religieuses sont extrêmement fortes), les Lyonnais vont spontanément sortir des milliers de bougies et les disposer sur leurs fenêtres. Lyon venait de créer, sans le savoir, les prémices de la Fête des Lumières.
Les lumignons, le Livre d’or de Lyon

Un symbole d’autant plus fort qu’il incarne la lumière ! Lyon, de par ces lumignons, exprime toute sa vitalité et son bouillonnement. Car chaque année depuis 174 ans, Lyon revêt son habit de lumière en décembre, et ce qui n’était qu’une tradition locale s’est métamorphosé en événement mondial.
Depuis 1989, la ville de Lyon a d’ailleurs décidé de passer la seconde, tout en maintenant le pied au plancher. En parallèle aux Plans Lumière de 1989, 2005 et 2023, qui placent l’éclairage comme un élément constitutif de la ville, la Fête des Lumières n’a fait que grandir pour atteindre des proportions à peine croyables.
La Fête des Lumières aujourd’hui

Lors des dernières éditions, ce ne sont pas moins de 2 millions de personnes qui parcourent les rues de Lyon pour assister au spectacle. Pour vous donner une idée, c’est 10 fois plus gros que le Festival de Cannes, et même Céline Dion et sa méga-tournée (qui rassemblera tout de même 800 000 personnes) ne peuvent rivaliser. Cette immense organisation sur 4 « petits » jours nécessite une logistique digne des plus grandes manifestations mondiales. Car rassembler et faire rêver l’équivalent d’une population comme celle de Paris (intra-muros) ou de Montréal sur 96 heures relève du merveilleux. Depuis 1852, le trésor lyonnais continue donc de briller…