Son architecture est à l’image de la ville de Lyon : un trait d’union entre le passé et le présent. Si Lyon est considérée comme Valeur universelle exceptionnelle par l’UNESCO, c’est avant tout pour son architecture, sorte de millefeuille historique qui va du théâtre antique romain au musée des Confluences. L’Opéra de Lyon est un ovni et un chef-d’œuvre à la fois. Mais ne serait-ce pas ça le propre de l’opéra : surprendre et émerveiller ?
L’Opéra de Lyon, un monument hors norme

Qui peut se targuer d’avoir été façonné par deux des plus grands architectes de leur temps ? Tout commence en 1753, date à laquelle une première salle de spectacle nommée Grand Théâtre est construite sous l’esquisse de Jacques-Germain Soufflot, le père, entre autres, du Panthéon de Paris. Remanié dans un premier temps en 1831, il faudra attendre 1989 pour que Jean Nouvel vienne ajouter sa touche.
Le résultat ? Un contraste des époques entre les façades néoclassiques et le dôme ultramoderne qui vient coiffer l’édifice. Un choc de générations pour certains ; pourtant, c’est le propre du patrimoine. Par exemple, l’église Saint-Nizier, bâtie principalement dans un style gothique flamboyant, porte aussi des marques de la Renaissance et du néogothique. Il en va de même pour la basilique Saint-Martin-d’Ainay et d’à peu près tous nos bâtiments qui ont traversé les siècles.
Pour revenir à l’Opéra de Lyon, la métamorphose va plus loin : bien qu’ayant gardé le foyer de l’ancien théâtre datant de 1831, le bâtiment fut vidé de l’intérieur pour y intégrer une structure hypermoderne permettant de tripler le volume initial. Savez-vous, par exemple, que l’Opéra de Lyon comporte pas moins de 18 étages dont les cinq premiers en sous-sol ? Le dôme lui offre un volume additionnel énorme avec une immense verrière où les studios des ballets sont installés. La vue depuis là-haut est tout simplement magique.
Une salle de spectacle pas comme les autres

La salle de spectacle accueillant jusqu’à 1 100 personnes est, quant à elle, littéralement suspendue à 10 mètres au-dessus du sol par une structure métallique monumentale. La raison ? L’isoler des vibrations du métro qui passe juste en dessous. Hors de question de vibrer autrement que pour les émotions du spectacle !
Pour celles et ceux qui ont eu la chance de rentrer dans « la Grande Salle », elle tranche avec l’imaginaire collectif que l’on a d’une salle d’opéra. Ici, pas de lustre ni de miroirs, et encore moins de dorures et de moquettes rouges. Le parti pris est de jouer la sobriété avec du noir du sol au plafond pour amener l’attention des spectateurs sur la scène uniquement. On apprend par ailleurs que les fauteuils ont été conçus sur mesure avec une coque perforée étudiée spécialement pour l’acoustique de la salle.
Tout ceci a permis, en 2017, à l’Opéra de Lyon d’être élu meilleure maison d’opéra au monde devant les opéras de Paris ou de Sydney. On ne peut que vous inviter, un jour, à entrer dans ce bâtiment et à assister à un spectacle. Vous en sortirez résolument… enchantés !