On réduit trop souvent son nom à ce petit verre que l’on partage après un bon repas. Que nenni ! Avant de devenir la bouteille verte la plus connue de la planète, la Chartreuse est avant tout un massif qui, celui-ci, nous donne l’ivresse des grands espaces. Randos, visites, dégustations, baignades, patrimoine etc. La Chartreuse est une mine d’or à deux pas de Lyon qu’on aurait tort de mettre de côté.
La Chartreuse, “le couteau suisse” de notre région

Avec le Pilat et le Massif des Bauges, la Chartreuse est l’un des Parcs Naturels Régionaux les plus proches de Lyon. Ces territoires (au nombre de 57 en France métropolitaine) sont de véritables trésors naturels. Celui de la Chartreuse fait partie des plus prestigieux de l’Hexagone. En 1h30 en voiture depuis Lyon, vous voilà donc plongé dans un grand enchantement…
Commençons par le b.a.-ba d’un Parc Naturel Régional : son réseau de randonnées. De la promenade de santé au trail bien plus sportif, sans oublier le trek de 6 jours qui en fait le tour, la Chartreuse, c’est plus de 1 500 km de sentiers balisés — soit la distance entre Paris et Rome !
Parmi les randonnées incontournables, on ne peut que vous recommander :
- la balade de la Cascade de l’Alloix (niveau facile)
- le sommet de la Pinéa (niveau moyen)
- ou encore Chamechaude, point culminant du massif (niveau difficile).
Mais se contenter des activités pédestres serait sous-estimer le potentiel de la Chartreuse. Dans un périmètre relativement restreint, des villages emblématiques sont à découvrir comme Corbel, Saint-Pierre-d’Entremont et bien évidemment Saint-Pierre-de-Chartreuse. C’est ici même que vous pouvez visiter le Musée de la Grande Chartreuse, vous plongeant dans la vie de ce monastère, un site aussi emblématique que Cluny ou Baume-les-Messieurs, unique en France.
Et pourquoi ne pas en profiter pour observer les étoiles lors des Perséides ? En matière de conditions d’observation, la Chartreuse, c’est le nec plus ultra. Dirigez-vous par exemple vers le Mont Granier ou la Dent de Crolles pour un spectacle céleste à faire redescendre tous les astronautes du ciel…

La liste est encore longue… rajoutons (parmi 100 autres idées) la visite du Jardins et Château du Touvet, la fameuse Cascade du Pichut, une baignade dans le Lac d’Aiguebelette ou la dégustation du miel, des vins ou des fromages locaux…
Et cette fameuse liqueur dans l’histoire ?

Comment évoquer cette région sans parler de sa sève ? La liqueur de Chartreuse se boit aussi bien à Tokyo qu’à Ibiza, et son nom — résolument français (demandez à un Anglais ou un Espagnol de dire “Chartreuse”, fou rire garanti) — est connu dans le monde entier.
Son origine est presque millénaire : en 1084, l’ermitage est fondé par l’Ordre des Chartreux. Huit siècles, et bien des déboires (avalanches, incendies, Révolution française) plus tard, les liqueurs sont enfin commercialisées sous le nom de “Chartreuse”. Dès 1840, les revenus générés par les versions verte et jaune deviennent la principale ressource du monastère. Les Caves de Chartreuse à Voiron sont aujourd’hui une visite incontournable.
Malgré son succès planétaire, la liqueur reste toujours fabriquée dans les montagnes, et sa production est supervisée par les moines de la Grande Chartreuse. Ne serait-ce pas là la clé du succès ? Malgré la réussite, garder les pieds sur terre. Et dans un tel lieu, on comprend pourquoi !

Finalement, que ce soit par sa liqueur ou via ses panoramas, peu importe. Car, comme le disait Alfred de Musset : « Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse… »