Et si la vraie spécialité lyonnaise était son argot ? Au même titre que Marseille et son légendaire accent ou Toulouse et son phrasé chantant, Lyon a son ADN de la prononciation et du mot bien choisi. Lyon compte une gastronomie des mots et, au même titre que son art culinaire, c’est aussi gourmand. C’est souvent drôle et tout le temps cocasse. Lyon se parle aussi bien qu’elle se mange. Ici, on bavarde aussi bien qu’on avale, on discute autant que l’on mastique, on articule au même titre que l’on engloutit !
Je vais y faire

On a choisi « Je vais y faire » comme on aurait pu choisir « On peut pas y dire ». L’idée, ici, est de montrer que le Lyonnais n’hésite pas à rajouter des « y » à tout bout de champ. Est-ce que c’est parce que Lyon comporte un Y dans son nom ? Ou bien parce que la confluence de la Saône et du Rhône forme là aussi un Y vu du ciel ? On n’y sait pas trop, mais comme disait Guignol : « Tout le monde y peut pas être de Lyon ! »
Un gone

Vous avez peut-être déjà entendu parler de Lyon comme la capitale des gones. Eh bien, les gones, ce sont les enfants. Ce mot serait issu du terme gréco-romain « gonos », qui signifiait également « enfant ». On l’utilise aussi pour désigner les Lyonnais en général.
Rendez-vous sous la queue du ch’val

Si déjà la place Bellecour représente le coeur de Lyon, la statue de Louis XIV représente alors l’épicentre. C’est donc tout naturel que les Lyonnais se donnent rendez-vous ici avant d’aller boire un coup.
En descendant, montez donc voir le petit comme il est grand

Cette phrase est la célèbre réplique de la Mère Cottivet, un personnage légendaire de Lyon. À elle seule, cette expression illustre toute la bonhommie et la rondeur du parler Lyonnais.
Se faire péter la miaille

Définitivement notre expression préférée du classement (et qui ne manque pas de folklore). Littéralement cela signifie s’embrasser comme du bon pain avec moult bruit et autant d’entrain. Impossible donc d’être un mauvais gone et de vouloir se faire péter la miaille.
L’adverbe « cher »

À Lyon, on dit « c’est cher bon » ou « il fait cher beau ». N’hésitez pas d’ailleurs à accentuer le « e » pendant de longues secondes. Plus on insiste, plus on c’est lyonnais !
Un « pelo »

Un pelo ne signifie pas cheveu comme en espagnol mais fait partie d’un parler populaire. Pelo est plus associé à « mec » ou « gars » comme dans la phrase : « Le pelo y m’a mal chabé ! »
Le verbe « chaber »

Chaber, ça veut tout simplement dire « regarder ». Pourquoi ? On n’en sait rien. C’est aussi ce qui fait le mystère de la langue…
Une gâche

Loin de la fameuse brioche souvent agrémentée de rhum, à Lyon, une gache signifie une place : de parking, de spectacle, de concert. Vous pourrez souvent entendre ceci : « Eh, t’as pris ta gache pour ce soir ? »
Les fameux mots en « -av' »

Parlons du fameux toc lyonnais : mettre la syllabe « -av » à chaque mot. « Balnav' », « dicav' », « rodav' », « piav' »… C’est également les traces du romani. « Balnav' », c’est mentir ou « faire genre ». « Dicav' » veut dire « aimer », « rodav' » signifie « remarquer ». « piav' » c’est « boire »… à vous de jouer !
J’vais prendre du souci

On utilise cette expression à Lyon lorsqu’il se fait tard et qu’il est temps de rentrer chez soi. Si vous tendez l’oreille dans l’un des nombreux bouchons de la ville, au moment de l’addition, il n’est pas rare d’entendre l’expression.