Lyon est une ville plurielle, et son histoire unique lui permet de rayonner à travers le monde pour bien des raisons. L’invention du cinéma, de la médecine animale ou du métier à tisser, la place de la gastronomie avec les fameux bouchons et la tradition des mâchons… La liste est longue, et c’est pourquoi l’UNESCO l’a classée comme « Valeur universelle exceptionnelle » dès 1998. Enfonçons à nouveau une porte ouverte : Lyon est une ville exceptionnelle. Et de portes, il va en être question d’ailleurs, car c’est cette fois-ci d’architecture dont il sera question.
Les traboules, ou l’ADN de Lyon
Paul Bocuse se baladant dans une traboule en mâchouillant un saucisson brioché… on aurait du mal à faire plus lyonnais. Car si Lyon excelle dans la gastronomie, c’est aussi le cas dans ses vieilles pierres avec les fameuses traboules, une particularité unique au monde ! Détours, plafonds en voûte, façades, galeries, couloirs, escaliers, portes dérobées, coursives, tunnels… un univers magique en plein cœur de Lyon où l’on s’imaginerait bien croiser un D’Artagnan ou un Quasimodo, tant ces passages invitent au mystère et à l’émerveillement.
On dénombre pas moins de 500 traboules à Lyon, partagées entre le Vieux Lyon, les pentes de la Croix-Rousse et la Presqu’île, mais seulement 80 sont ouvertes au public. Difficile ainsi de toutes les détailler, mais le mieux reste encore de les découvrir en y poussant les portes ! S’il nous est possible encore aujourd’hui de les visiter, c’est grâce à la convention qui regroupe plusieurs acteurs de ce patrimoine historique unique. Pour faciliter leur repérage, plusieurs plaques en bronze (Vieux Lyon) ou têtes de lion (Croix-Rousse) vous indiquent le chemin à suivre. Traboule de la Maison Brunet, Bullioud ou du Chamarier, de la Tour Rose, ou encore de la Cour des Voraces : autant d’endroits fascinants à découvrir absolument. Mais si vous avez envie de n’en louper aucune, retrouvez la liste complète de celles ouvertes au public par ici (mise à jour mai 2025).
Près de 500 traboules pour plus de 500 ans d’histoire
Même si l’on considère que les premières traboules remontent au IVe siècle pour faciliter l’accès à la Saône, c’est bien durant la Renaissance, au XVIe siècle, que celles-ci fleurirent à Lyon. Le monopole que Lyon obtient sur la soie en 1540 dope considérablement l’économie locale. Les traboules se développent et permettent aux tisserands de transporter leurs tissus à l’abri des intempéries ou des bandits.
Plus tard, lors de la révolte des Canuts, ces derniers les utilisèrent pour se faufiler et échapper à la répression. L’histoire se répéta durant la Seconde Guerre mondiale, lorsque les résistants empruntèrent ces dédales pour échapper à la Gestapo. Une grande partie de la lutte lyonnaise, haut lieu de la Résistance, s’est jouée dans ces couloirs où des valises et documents s’échangèrent en toute discrétion…

